Rome s’est construite sans jamais vraiment remplacer ce qui la précédait. La ville antique demeure sous la ville papale, les églises ont pris la place des temples, les palais ont gardé leurs fragments plus anciens, et les cafés, les marchés, les appartements ont continué de s’installer dans cet ensemble sans chercher à l’ordonner.
C’est peut-être pour cela qu’elle devient plus agréable dès que l’on renonce à tout voir. Trois ou quatre jours, quelques réservations et beaucoup de marche suffisent déjà à la laisser faire le reste.
Voici les maisons où nous dormirions, les tables auxquelles nous reviendrions, quelques musées, des cafés et les adresses que nous chercherions simplement en marchant.
Où dormir

Se loger à Rome, c’est d’abord choisir un quartier et une échelle. Nous préférons les maisons qui gardent la mesure d’une demeure plutôt que celle d’un hôtel, et qui laissent, derrière leurs murs, un jardin ou une cour où revenir en fin de journée.
Villa Spalletti Trivelli, près du Quirinal, en est l’exemple le plus juste : une demeure patricienne du début du XXe siècle, encore habitée par les antiquités de la famille. Autour, quelques adresses plus resserrées, de l’ancienne école pour jeunes filles devenue l’Hotel Vilòn au bar Art déco de l’Hotel Locarno, tiennent la même promesse : rester en ville sans en subir le bruit.
Nos adresses
- Villa Spalletti Trivelli
Hôtel, demeure historique · Quirinal
Demeure patricienne du début du XXe siècle, jardin et salons aux proportions domestiques.
- Hotel Vilòn
Hôtel · Campo Marzio
Dix-sept chambres dans une ancienne école, à quelques rues de la Piazza di Spagna.
Instagram - Hotel Locarno
Hôtel, bar · Campo Marzio
Ouvert en 1925 : jardin, bar Art déco et un lien ancien avec les arts.
Instagram - Hotel De’ Ricci
Hôtel · Regola
Huit suites, une cave de plus de mille cinq cents références.
Instagram - J.K. Place Roma
Hôtel · Campo Marzio
Une ancienne école d’architecture devenue maison romaine, entre le Tibre et la Piazza di Spagna.
Instagram
Où manger

La cuisine romaine n’a pas besoin qu’on la réinvente. Elle demande surtout qu’on la laisse décider. Chez Armando al Pantheon, la même famille sert depuis 1961, à quelques mètres du Panthéon, des classiques qu’il vaut mieux ne pas discuter.
Pour une soirée plus longue, Roscioli met ses fromages et sa cave au premier plan, tandis que Piperno, sur une petite place du Monte de’ Cenci, n’a jamais eu besoin de déplacer ses nappes blanches pour rester juste. Deux tables plus contemporaines, Pennestri à Ostiense et Pulejo à Prati, prolongent la conversation sans la trahir. Dans tous les cas, réserver, puis prendre son temps.
Nos adresses
- Armando al Pantheon
Cuisine romaine · Pigna
Depuis 1961, à quelques mètres du Panthéon. Réserver.
Instagram - Roscioli Salumeria con Cucina
Restaurant, épicerie, cave · Regola
Une épicerie devenue table, fromages et charcuteries au premier plan.
Instagram - Ristorante Piperno
Cuisine romaine · Regola
Sur une petite place du Monte de’ Cenci, une maison restée juste.
Instagram - Trattoria Pennestri
Trattoria · Ostiense
Cuisine romaine, saisons et cave attentive aux petits producteurs.
Instagram - Pulejo
Restaurant · Prati
Une cuisine plus contemporaine, construite autour de la mémoire et du produit.
Instagram
Pour le café, ou un verre

Le café, à Rome, se prend debout et vite, mais quelques adresses méritent qu’on s’y attarde. Nous passerions tôt chez Sant’Eustachio, sur sa place, avant que les rues autour du Panthéon ne se remplissent.
Roscioli Caffè prend l’espresso et le maritozzo aussi au sérieux que le pain, Faro cherche une lecture plus contemporaine du grain, et le Caffè Doria, installé dans les anciennes écuries du Palazzo Doria Pamphilj, se garde pour l’après-galerie. Le soir venu, le comptoir Art déco du Bar Locarno retrouve le rythme qui lui convient.
Nos adresses
- Sant’Eustachio Il Caffè
Café · Sant’Eustachio
Sur la place depuis 1938. Y passer tôt.
Instagram - Roscioli Caffè
Café, pâtisserie · Regola
Un espresso au comptoir, un maritozzo, la précision d’une maison.
Instagram - Faro
Café · Sallustiano
Via Piave, une lecture contemporaine du café.
Instagram - Caffè Doria
Café · Pigna
Dans les anciennes écuries du Palazzo Doria Pamphilj.
Instagram - Bar Locarno
Bar · Campo Marzio
Comptoir Art déco et jardin, pour la fin de journée.
Instagram
Quelques heures dans la ville

Rome se visite mieux par petites doses, un lieu à la fois. La Galleria Doria Pamphilj garde son Velázquez et ses Caravage dans l’accrochage d’une collection encore liée à la maison qui l’a constituée.
La Villa Medici offre ses jardins et sa vue depuis le Pincio, le Palazzo Massimo ses fresques de la villa de Livie, et la Centrale Montemartini un dialogue inattendu entre sculptures antiques et turbines. Pour une matinée entière, la Via Appia Antica reste la plus belle échappée, entre la Villa des Quintili et le mausolée de Cecilia Metella.
Nos adresses
- Galleria Doria Pamphilj
Musée, collection privée · Pigna
Velázquez, Caravage, dans une collection encore liée à la maison.
Instagram - Villa Medici
Villa, jardins · Pincio
Jardins, appartements historiques et vue. Visites guidées en français.
Instagram - Palazzo Massimo
Musée archéologique · Castro Pretorio
Fresques de la villa de Livie, mosaïques et sculptures antiques.
Instagram - Centrale Montemartini
Musée, patrimoine industriel · Ostiense
Des sculptures antiques parmi les turbines d’une ancienne centrale électrique.
Instagram - Via Appia Antica
Parc archéologique · Appia Antica
Une matinée entière, de la Villa des Quintili au mausolée de Cecilia Metella.
Instagram
Une histoire romaine

Aux angles des palais et au-dessus de certaines rues subsistent les petites images religieuses que les Romains appellent les Madonnelle. Avant l’éclairage au gaz puis l’électricité, les habitants entretenaient les lampes placées devant elles ; ces modestes sanctuaires protégeaient symboliquement la rue et, plus concrètement, en éclairaient une partie.
La plus ancienne encore conservée, l’Imago Pontis de la via dei Coronari, date de 1523 ; son architecture fut confiée à Antonio da Sangallo le Jeune et son image à Perin del Vaga. Les chercher en marchant est une manière discrète de lire la ville.
Quelques maisons

Rome sait encore fabriquer. À l’Antica Cartotecnica, sur la Piazza dei Caprettari, on trouve depuis 1930 des stylos, des papiers et des objets anciens. Chez Dede compose ses éditions et sa sélection via di Monserrato.
Schostal habille depuis 1870 la chemise et le linge que l’on peut encore faire broder, Saddlers Union travaille le cuir des sacs et des bagages, et Petochi, joaillier romain sur cinq générations, garde l’art ancien de la micromosaïque. Autant de maisons où l’on entre pour un objet et d’où l’on ressort avec une histoire.
Nos adresses
- Antica Cartotecnica
Papeterie · Sant’Eustachio
Piazza dei Caprettari, depuis 1930. Papiers, stylos, objets anciens.
- Chez Dede
Studio, boutique, édition · Regola
Via di Monserrato. Livres, photographie, objets et éditions du studio.
Instagram - Schostal
Vêtements, linge · Campo Marzio
Fondée en 1870 : chemises, pyjamas et linge que l’on peut faire broder.
Instagram - Saddlers Union
Maroquinerie · Via Margutta
Fondée en 1957, sacs et bagages que l’atelier sait réparer.
Instagram - Petochi
Joaillerie · Piazza di Spagna
Cinq générations de joailliers romains, un art ancien de la micromosaïque.
Instagram
Quelques jours, simplement
Trois ou quatre nuits. Un musée le matin, une table réservée le soir, et assez de temps entre les deux pour changer d’avis. Rome n’a probablement pas besoin d’un programme plus précis.
Si nous ne devions garder qu’une adresse

Nous aurions pu choisir une maison plus spectaculaire. Nous avons préféré Villa Spalletti Trivelli parce qu’elle semble avoir conservé ce que beaucoup d’hôtels cherchent désormais à reconstituer : l’échelle d’une demeure, des meubles qui étaient là avant les voyageurs, un jardin derrière les murs, et cette impression assez rare de séjourner quelque part plutôt que d’y avoir simplement une chambre.
Nos adresses
- Villa Spalletti Trivelli
Notre préférée · Quirinal
Via Piacenza 4. Une demeure plutôt qu’un hôtel.
