Rome, quelques jours sans courir.

Rome se fatigue surtout quand on tente d’en faire le tour. Trois ou quatre jours, quelques réservations et beaucoup de marche suffisent à la laisser faire le reste.

© Via Appia Antica, Rome

Rome s’est construite sans jamais vraiment remplacer ce qui la précédait. La ville antique demeure sous la ville papale, les églises ont pris la place des temples, les palais ont gardé leurs fragments plus anciens, et les cafés, les marchés, les appartements ont continué de s’installer dans cet ensemble sans chercher à l’ordonner.

C’est peut-être pour cela qu’elle devient plus agréable dès que l’on renonce à tout voir. Trois ou quatre jours, quelques réservations et beaucoup de marche suffisent déjà à la laisser faire le reste.

Voici les maisons où nous dormirions, les tables auxquelles nous reviendrions, quelques musées, des cafés et les adresses que nous chercherions simplement en marchant.

Où dormir

© Hotel Locarno

Se loger à Rome, c’est d’abord choisir un quartier et une échelle. Nous préférons les maisons qui gardent la mesure d’une demeure plutôt que celle d’un hôtel, et qui laissent, derrière leurs murs, un jardin ou une cour où revenir en fin de journée.

Villa Spalletti Trivelli, près du Quirinal, en est l’exemple le plus juste : une demeure patricienne du début du XXe siècle, encore habitée par les antiquités de la famille. Autour, quelques adresses plus resserrées, de l’ancienne école pour jeunes filles devenue l’Hotel Vilòn au bar Art déco de l’Hotel Locarno, tiennent la même promesse : rester en ville sans en subir le bruit.

Nos adresses

  • Villa Spalletti Trivelli

    Hôtel, demeure historique · Quirinal

    Demeure patricienne du début du XXe siècle, jardin et salons aux proportions domestiques.

  • Hotel Vilòn

    Hôtel · Campo Marzio

    Dix-sept chambres dans une ancienne école, à quelques rues de la Piazza di Spagna.

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  • Hotel Locarno

    Hôtel, bar · Campo Marzio

    Ouvert en 1925 : jardin, bar Art déco et un lien ancien avec les arts.

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  • Hotel De’ Ricci

    Hôtel · Regola

    Huit suites, une cave de plus de mille cinq cents références.

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  • J.K. Place Roma

    Hôtel · Campo Marzio

    Une ancienne école d’architecture devenue maison romaine, entre le Tibre et la Piazza di Spagna.

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Où manger

© Armando al Pantheon

La cuisine romaine n’a pas besoin qu’on la réinvente. Elle demande surtout qu’on la laisse décider. Chez Armando al Pantheon, la même famille sert depuis 1961, à quelques mètres du Panthéon, des classiques qu’il vaut mieux ne pas discuter.

Pour une soirée plus longue, Roscioli met ses fromages et sa cave au premier plan, tandis que Piperno, sur une petite place du Monte de’ Cenci, n’a jamais eu besoin de déplacer ses nappes blanches pour rester juste. Deux tables plus contemporaines, Pennestri à Ostiense et Pulejo à Prati, prolongent la conversation sans la trahir. Dans tous les cas, réserver, puis prendre son temps.

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Pour le café, ou un verre

© Sant’Eustachio Il Caffè

Le café, à Rome, se prend debout et vite, mais quelques adresses méritent qu’on s’y attarde. Nous passerions tôt chez Sant’Eustachio, sur sa place, avant que les rues autour du Panthéon ne se remplissent.

Roscioli Caffè prend l’espresso et le maritozzo aussi au sérieux que le pain, Faro cherche une lecture plus contemporaine du grain, et le Caffè Doria, installé dans les anciennes écuries du Palazzo Doria Pamphilj, se garde pour l’après-galerie. Le soir venu, le comptoir Art déco du Bar Locarno retrouve le rythme qui lui convient.

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Quelques heures dans la ville

© Villa Medici

Rome se visite mieux par petites doses, un lieu à la fois. La Galleria Doria Pamphilj garde son Velázquez et ses Caravage dans l’accrochage d’une collection encore liée à la maison qui l’a constituée.

La Villa Medici offre ses jardins et sa vue depuis le Pincio, le Palazzo Massimo ses fresques de la villa de Livie, et la Centrale Montemartini un dialogue inattendu entre sculptures antiques et turbines. Pour une matinée entière, la Via Appia Antica reste la plus belle échappée, entre la Villa des Quintili et le mausolée de Cecilia Metella.

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Une histoire romaine

© Madonnelle, Rome

Aux angles des palais et au-dessus de certaines rues subsistent les petites images religieuses que les Romains appellent les Madonnelle. Avant l’éclairage au gaz puis l’électricité, les habitants entretenaient les lampes placées devant elles ; ces modestes sanctuaires protégeaient symboliquement la rue et, plus concrètement, en éclairaient une partie.

La plus ancienne encore conservée, l’Imago Pontis de la via dei Coronari, date de 1523 ; son architecture fut confiée à Antonio da Sangallo le Jeune et son image à Perin del Vaga. Les chercher en marchant est une manière discrète de lire la ville.

Quelques maisons

© Chez Dede

Rome sait encore fabriquer. À l’Antica Cartotecnica, sur la Piazza dei Caprettari, on trouve depuis 1930 des stylos, des papiers et des objets anciens. Chez Dede compose ses éditions et sa sélection via di Monserrato.

Schostal habille depuis 1870 la chemise et le linge que l’on peut encore faire broder, Saddlers Union travaille le cuir des sacs et des bagages, et Petochi, joaillier romain sur cinq générations, garde l’art ancien de la micromosaïque. Autant de maisons où l’on entre pour un objet et d’où l’on ressort avec une histoire.

Nos adresses

  • Antica Cartotecnica

    Papeterie · Sant’Eustachio

    Piazza dei Caprettari, depuis 1930. Papiers, stylos, objets anciens.

  • Chez Dede

    Studio, boutique, édition · Regola

    Via di Monserrato. Livres, photographie, objets et éditions du studio.

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  • Schostal

    Vêtements, linge · Campo Marzio

    Fondée en 1870 : chemises, pyjamas et linge que l’on peut faire broder.

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  • Saddlers Union

    Maroquinerie · Via Margutta

    Fondée en 1957, sacs et bagages que l’atelier sait réparer.

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  • Petochi

    Joaillerie · Piazza di Spagna

    Cinq générations de joailliers romains, un art ancien de la micromosaïque.

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Quelques jours, simplement

Trois ou quatre nuits. Un musée le matin, une table réservée le soir, et assez de temps entre les deux pour changer d’avis. Rome n’a probablement pas besoin d’un programme plus précis.

Si nous ne devions garder qu’une adresse

© Villa Spalletti Trivelli

Nous aurions pu choisir une maison plus spectaculaire. Nous avons préféré Villa Spalletti Trivelli parce qu’elle semble avoir conservé ce que beaucoup d’hôtels cherchent désormais à reconstituer : l’échelle d’une demeure, des meubles qui étaient là avant les voyageurs, un jardin derrière les murs, et cette impression assez rare de séjourner quelque part plutôt que d’y avoir simplement une chambre.

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